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L'artiste_

Patrick Frega est un bâtisseur

Avec ses outils, son esprit libre de nomade et son regard d’homme d’expérience, il bâtit de ses mains, jour après jour un univers artistique qui lui est propre. Implication totale, tant physique que mentale de l’artiste à la recherche de la maîtrise de l’outil et du geste. Il se mesure avec lui-même, tente de dépasser ses capacités, remet en jeu chaque jour ses compétences.
Chacune de ses œuvres -ou série d’œuvres- porte en elle cette démarche particulière, teintée du plaisir qu’il prend à son art. On ressent la délectation qu’a éprouvée l’artiste à l’œuvre et on ne peut qu’admirer la prouesse technique. Et Frega n’économise pas sa peine, il a le goût de l’effort, du labeur et du travail manuel.
Cette posture est empreinte d’un humanisme tout rabelaisien. Curieux des autres, l’artiste interpelle, ouvre grand les portes de son atelier, offre un siège et un verre, tient salon, invite d’autres artistes et fait ripaille en bonne compagnie.

Photo: Yann Coatsaliou

Le monde de Patrick Frega

Il est surprenant et généreux mais il a une particularité remarquable, celle d’incarner en un temps unique la tridimensionnalité du passé, du présent et du futur. L’artiste nous offre un voyage spatio-temporel à rebours de l’histoire de l’art. Contemporain, Industriel, Classique, Baroque : les pratiques des temps anciens, la révolution de l’industrie et l’actualité la plus contemporaine se croisent avec aisance dans son atelier.
Le grec ne dispose pas de noms spécifiques pour désigner l'artiste : le poète, le peintre et le potier sont des artisans (dèmiourgoi) et le latin désigne par Artifex, l’artiste et l’auteur, l’artisan, le créateur comme le maître d’un art.

Patrick Frega réconcilie l’Art avec la Vie

Oui, Frega fait fi de la grande séparation historique entre le concept et le concret, entre le soi-disant « haut monde » des idées et le monde dit vulgaire, de leur réalisation. Et dans notre XXIème siècle qui se meurt de sa désincarnation, peut-on encore prétendre qu’il est plus noble de connaître la science d’un bel art que de le pratiquer ? Peut-on décemment faire perdurer cette dichotomie ?
La division fondamentale entre l'artiste et l'artisan pourrait bien n'être qu'un moment de l'histoire de l'art et de l'esthétique…
Le travail de Frega serait-il celui d’une invocation contemporaine des formes intemporelles et universelles de l’art ?
Par le seul fait de vivre pleinement sa praxis, Patrick Frega met toutes ces questions sur la tabula rasa moderniste.
Et dans son art construit par et pour son artisanat, il nous invite, tout comme Duchamp ou Warhol en leurs temps, à reformuler la vieille question platonicienne des rapports hiérarchiques entre l'artiste et l'artisan.
L’artiste est paradoxal, tout comme son art, mais entier comme l’homme. Avec sa sincérité amusée et une fière humilité.